Echange franco-sénégalais, l'esprit du judo bien au-delà des tatamis

Des judokas héraultais se mobilisent depuis l’an 2000 pour Kartiack, un village sénégalais de 2 500 habitants, situé à 4 000 km d'ici. Un bel échange.

« Entraide et prospérité mutuelle sont les fondements du judo. Et ça ne doit pas seulement se faire sur les tatamis », préconise Rémi Rodriguez, directeur de la Maison du Judo, à Montpellier. Une philosophie partagée avec Régis Manibal, son ancien professeur au Club des arts martiaux Bédarieux, avec qui il s’est associé pour venir en aide à Kartiack, un village de 2 500 habitants, situé au sud du Sénégal. Tout commence en l’an 2000. Régis répond au message d’Omar Coly, prof de judo à Ziguinchor : un appel aux dons de judogi (kimonos). Les deux hommes se rencontrent. En 2006, Régis retourne à Kartiack avec du matériel scolaire.

Où se trouve Kartiack ?
Agrandir le plan

A près de 4 000 km d’ici

En 2010, Rémi rejoint la cause de Régis. La Maison du judo lance l’opération « 100 trousses pour le Sénégal », grâce aux dons des parents d’élèves et des adhérents. La PHI (pharmacie humanitaire internationale) leur donne du matériel non médicamenteux (balance, strapps pour cheville, bandes…) Nouveau départ vers Kartiack. « Temps fort de notre venue : l’installation d’une pompe sur le puits principal du village afi n de faciliter l’accès à l’eau » explique Rémi. Mais aussi des démonstrations de judo. « Le sport c’est culturel, donc vecteur de lien. » De retour en France, parents, enfants, entreprises, centres de soins et écoles se mobilisent encore.

Un jumelage qui continue

D’autres judokas viennent en renfort : Olivier Giacomino (club de Saint-Aunès), Luce Alexandrine et Dominique Rucort (club de Martinique). Une correspondance s’instaure entre les jeunes judokas français et les enfants de CM1 de Kartiack. La PHI fournit des lits d’hôpital électriques et des fauteuils roulants ; Sanofi, du matériel informatique. Février 2012, ils sont neuf à partir à Kartiack, dont Alyssia, Bastien et Thibault, élèves de 15-16 ans à Bédarieux (subvention de 1 800 € grâce au dispositif Cap jeunes du Conseil général). Les clubs français donnent des livres, posters, judogis et 100 m2 de tatamis… Et le Judo-Club Kartiack est né ! Il compte aujourd’hui 84 élèves, de 6 à 40 ans. « D’ici à 2014, on aimerait livrer un véhicule médicalisé, en plus du soutien scolaire et médical » confie Rémi. Une amitié qui dure.

Zoom sur les échanges franco-sénégalais - L'esprit du judo bien au-delà des tatamis

Partage